L'obsession du rangement

Avant même que la manie du rangement devienne une mode, voire une obsession (il y a environ 2 ans), j'avais pour habitude de passer toutes mes possessions en revue une fois par an et de me débarrasser de tout ce dont je ne m'étais pas servie pendant l'année écoulée (technique assez répandue). 

L'année passée, j'ai découvert la méthode de la japonaise Marie Kondo et son livre que j'ai lu d'une seule traite. C'est quelques semaines après cette lecture instructive que je me suis mise à trier selon sa méthode : une type d'objet à la fois, un par jour, pendant 10 jours (elle recommande de tout faire d'un coup en une journée mais je ne pouvais pas passer en revue tout mon appartement en si peu de temps !). La photo ci-dessus illustre le moment le plus difficile dans ce processus (en ce qui me concerne, et c'est très personnel) : trier mes livres. Bien que je vis à New York, je lis principalement en français et l'ensemble de ma bibliothèque a donc traversé l'Atlantique avec moi à un moment donné (je rapporte environ 10 livres à chaque voyage) ce qui semble avoir tissé un lien un peu particulier entre mes livres et moi : je passe des heures à flâner dans les librairies lorsque je suis en France, je les choisis avec soin, je les lis une fois de retour à New York, parfois plusieurs fois. C'était la première fois que je m'attelais vraiment à la tâche de les trier et les ranger et c'est là que la méthode de Marie Kondo s'est avérée efficace : entasser tous les objets d'une même catégorie (dans ce cas les livres) qui se trouvent dans la maison en un seul tas au milieu d'une pièce (cela inclut les livres de cuisines, ceux empilés sur le bureau, la table de nuit, etc), les prendre et les regarder un par un pour décider si oui ou non ils vous font vous sentir bien. Je dois bien avouer que la perspective d'avoir à ranger à nouveau plus de 150 livres est tout aussi motivante pour s'en séparer que de se demander si le livre en question vous rend heureux (et je me suis débarrassée d'environ 75% de ma bibliothèque grâce à cet exercice). 

Mais ce qui me semble particulièrement captivant pour m'être intéressée au sujet est le buzz créé autour du rangement et de l'impératif de se séparer de ses possessions. En tant qu'expatriée, j'ai rapidement développé une technique pour limiter l'accumulation (comme je le mentionne au début de ce post) : dans mon cas, ce n'est pas seulement une bonne habitude à prendre mais surtout une nécessité pour pouvoir se déplacer de pays en pays plus facilement (la situation immobilière à New York ne permet pas d'entasser de manière déraisonnable non plus). 

Ceci étant dit, je ne suis pas certaine de comprendre pourquoi cela est devenu un phénomène de société et une véritable industrie (formations, livres, ateliers etc). Pour autant que je sache, tout le monde n'est pas forcément à la recherche du minimalisme absolu ou se trouve être heureux dans un espace épuré. J'ai contribué à créer de nombreux espaces et ai quelques amis dont l'espace de travail de la cuisine est constamment encombré d'expérimentations en tous genres, herbes, bouteilles de toutes sortes - et ce joyeux désordre ne les empêche ni d'être heureux, de se sentir libre ou d'avoir un espace très stylé. 

Alors, rangez si cela vous libère, ne rangez pas si vous trouvez que cela ne vous sert à rien. Surtout trouvez la bonne manière de vous sentir bien... Chez vous !